Rénovation de la toiture et des menuiseries extérieures de la Porte de Hal à Bruxelles
Construite au 17e siècle, la Porte de Hal faisait partie de la deuxième enceinte de Bruxelles. Celle-ci avait pour vocation de protéger le sud de la ville, mais aussi d’affirmer le prestige de Bruxelles en tant que cité riche et influente. La Porte de Hal est aujourd’hui la seule des sept portes de la ville encore conservée. Au fil des siècles, elle a connu de nombreuses affectations : ouvrage militaire, poste de contrôle des importations et des exportations, temple luthérien, grenier à grains et même prison. Classée au titre du patrimoine, elle fait aujourd’hui partie des Musées royaux d’Art et d’Histoire et abrite un musée consacré à Bruxelles au Moyen Âge.
Grâce à ces travaux, nous préservons ce monument exceptionnel de plus de 600 ans pour les générations futures, tout en maintenant le musée de la Porte de Hal accessible aux visiteurs.
Une mission essentielle
Entamés en mars 2025, les travaux ont déjà bien progressé. La couverture en ardoises des tours nord et sud a été entièrement remplacée, les grandes portes d’entrée et les menuiseries extérieures des lucarnes ont été restaurées, tandis que la réfection de la toiture principale touche à sa fin. Le chantier devrait s’achever à l’automne 2026, pour un coût estimé à environ 1,6 million d’euros. Il bénéficie du soutien financier des joueurs de la Loterie Nationale. « Avec ce chantier, la Régie des Bâtiments remplit l’une de ses missions essentielles : préserver le patrimoine immobilier fédéral », explique la ministre Vanessa Matz. « Témoin unique du passé médiéval de Bruxelles, la Porte de Hal nécessitait une intervention d’envergure pour sécuriser sa toiture, restaurer ses menuiseries extérieures et assurer sa pérennité. Grâce à ces travaux, nous préservons ce monument exceptionnel de plus de 600 ans pour les générations futures, tout en maintenant le musée de la Porte de Hal accessible aux visiteurs. »
Les menuiseries et la couverture de la Porte de Hal étaient en mauvais état. Avec le temps, la toiture s’était dégradée et certaines ardoises se détachaient, entraînant des problèmes de stabilité, des infiltrations d’eau et des risques pour la sécurité. Une intervention s’imposait donc pour prévenir toute aggravation de la situation.
Avant et après : pose des ardoises sur la toiture
Restauration des ardoises du voligeage
Les travaux portent principalement sur la réfection de la couverture en ardoises. Les anciennes ardoises ont été intégralement remplacées, de même que 75 % des voliges, ces planches de bois qui constituent le support de la couverture.
Cette intervention exige un travail minutieux de la part d’ouvriers qualifiés. Les ardoisiers restaurent ou remplacent d’abord le voligeage, puis préparent soigneusement la disposition des ardoises. Celles-ci sont taillées sur place avant d’être fixées au moyen de crochets. Seule exception : les ardoises de la toiture conique de la tour nord, qui sont fixées à l’aide de clous. Les nouvelles ardoises proviennent de la carrière Armadilla, située dans la province de León, en Espagne. Les ardoises issues des carrières ardennaises, utilisées autrefois, ne sont en effet plus produites en Belgique. La Régie des Bâtiments a privilégié la fixation par crochets, car cette technique permet de remplacer facilement une ardoise endommagée sans détériorer celles qui l’entourent..
Environ sept personnes travaillent quotidiennement sur ce chantier, l’espace disponible pour intervenir en hauteur étant limité. La couverture des tours nord et sud est désormais terminée, tandis que les travaux sur la toiture principale devraient s’achever dans le courant du mois de juin 2026.
Pose des ardoises sur la tour nord (fixation par clous) et sur la toiture principale (fixation par crochets)
Restauration des menuiseries extérieures en bois
Les menuiseries extérieures en bois, notamment celles des fenêtres et des lucarnes, font également l’objet d’une intervention, avec pour objectif de remplacer au minimum l’ensemble des menuiseries des fenêtres. Les travaux consistent principalement à décaper, poncer et traiter le bois afin de procéder aux réparations nécessaires, avant de remettre les menuiseries en peinture. Les vitrages endommagés des lucarnes sont quant à eux réparés ou remplacés.
La quincaillerie, notamment les charnières et les mécanismes de verrouillage, est également contrôlée et lubrifiée. Les éléments disparus au fil du temps sont reproduits afin de restituer les menuiseries dans leur état d’origine. La restauration des lucarnes et de leurs vitrages est actuellement en voie d’achèvement.
Avant et après : restauration des menuiseries extérieures des lucarnes
Avant et après : restauration des grandes portes extérieures
Décapage par glace sèche
Enfin, les imposantes portes d’entrée en bois situées côté Bruxelles ont elles aussi été restaurées. Pour préserver ces menuiseries anciennes, les équipes ont eu recours au décapage par glace sèche. Cette méthode de nettoyage douce, réalisée sans eau, permet de mettre le support à nu sans altérer le matériau, tout en évitant la production de poussières de bois et de poussières minérales. Après le décapage, le bois et la quincaillerie des portes ont été réparés là où cela s’avérait nécessaire. Les portes ont ensuite été vernies afin d’assurer leur protection.