Menuisiers recherchés : la technologie évolue, mais ne remplace pas le savoir-faire
Aujourd'hui, les entreprises qui recherchent des menuisiers n'ont pas seulement besoin de bras supplémentaires. Elles cherchent des collaborateurs capables de lire des plans, de régler correctement les machines, d'évaluer les matériaux et de monter les éléments finis avec précision. C'est précisément cette combinaison d'expérience pratique et de connaissances techniques qui rend les postes vacants difficiles à pourvoir.
En Flandre, la liste des métiers en pénurie établie par le VDAB pour 2026 mentionne notamment les fabricants de meubles et les menuisiers d'atelier. En Wallonie également, le menuisier d'atelier figure sur la liste des métiers en pénurie du Forem. Les difficultés varient selon le métier et la région, mais la demande de collaborateurs qualifiés sur le plan technique reste préoccupante. Pour les entreprises bruxelloises, les analyses propres à Actiris sont pertinentes ; les listes et critères régionaux ne sont pas nécessairement comparables entre eux.
Pour le chef d'entreprise, cette pénurie se traduit par des défis concrets. Les plannings de production sont mis sous pression, les équipes de pose doivent parfois attendre des éléments provenant de l'atelier et les collaborateurs expérimentés se voient confier davantage de responsabilités. Parallèlement, les tâches deviennent plus exigeantes sur le plan technique. Il faut donc une approche dans laquelle formation, mécanisation et organisation efficace du travail se renforcent mutuellement.
Tous les menuisiers ne font pas le même métier
Le secteur de la menuiserie recouvre des fonctions variées. Un menuisier d'atelier fabrique des fenêtres, des portes, des escaliers, des meubles ou des éléments d'aménagement intérieur. Un poseur veille à ce que ces éléments soient correctement installés sur le chantier et s'intègrent au reste du bâtiment. D'autres collaborateurs se spécialisent dans l'usinage CNC, l'assemblage, la finition ou l'aménagement intérieur.
Les compétences diffèrent, mais les fonctions sont étroitement liées. Une erreur de mesure ou de fabrication peut entraîner une perte de temps sur le chantier. À l'inverse, un relevé imprécis ou une équipe de pose mal préparée peut perturber le planning de l'atelier.
Selon le Forem, les employeurs recherchent régulièrement chez les menuisiers d'atelier de l'expérience, une connaissance du bois ainsi que des compétences en matière de machines CNC et de plans numériques. Le permis de conduire joue également un rôle dans une partie des offres d'emploi. Cela montre que la pénurie ne tient pas uniquement au manque de candidats : l'adéquation entre la formation et les exigences concrètes de l'entreprise compte aussi.
CNC et digitalisation : bien plus qu'une simple pression sur un bouton
Les machines CNC ont profondément transformé la production de menuiserie. Elles permettent de scier, fraiser et percer des pièces avec précision, à condition que la conception, les dimensions et les réglages de la machine soient corrects. Associées aux plans numériques et à la préparation de la production, elles accélèrent les tâches répétitives et améliorent la précision dimensionnelle.
Mais une machine CNC ne transforme pas automatiquement un collaborateur inexpérimenté en menuisier qualifié. L'opérateur doit comprendre l'ordre de fabrication, sélectionner le bon matériau, choisir les outils et vérifier que l'usinage correspond au plan. La détection des erreurs reste également essentielle. Un mauvais réglage ou une erreur dans le fichier numérique peut rendre plusieurs pièces inutilisables avant que quelqu'un ne remarque le problème.
La digitalisation exige donc de nouvelles compétences, mais pas nécessairement moins de savoir-faire. Les collaborateurs doivent de plus en plus souvent interpréter des dessins techniques, vérifier les données numériques de production et utiliser les machines en toute sécurité. Les entreprises qui investissent dans ce domaine ont tout intérêt à planifier également la formation de leur personnel.
Mieux coordonner la production et la pose
La technologie n'est rentable que lorsque l'ensemble du processus de production est bien organisé. Un atelier efficace ne peut guère en tirer profit si les relevés sont incomplets, s'il manque des ferrures ou si l'équipe de pose ne dispose pas des données d'exécution adéquates.
La préparation numérique des travaux peut aider à consigner clairement les dimensions, les pièces et les opérations à effectuer. Une transmission efficace des informations entre le métreur, le dessinateur, la production et la pose limite les malentendus et évite de devoir refaire ou modifier des éléments.
Sur le chantier également, une bonne préparation reste indispensable. L'équipe de pose doit savoir comment les éléments sont fixés, quelles tolérances sont admises et comment les raccordements à la structure du bâtiment doivent être réalisés. Pour les menuiseries extérieures, l'étanchéité à l'air et à l'eau, les performances thermiques et le raccordement correct à la façade jouent également un rôle important.
Former les jeunes à la pratique
Pour attirer de nouveaux collaborateurs, il faut commencer par leur présenter le métier de manière réaliste. Aujourd'hui, la menuiserie ne se résume plus à scier du bois et à assembler des pièces. Elle allie connaissance des matériaux, compétences techniques, maîtrise des outils numériques et précision d'exécution.
En Flandre, le VDAB propose des formations pour différents métiers liés au travail du bois et à la menuiserie, notamment la fabrication de menuiseries extérieures en atelier et l'usinage du bois. En Wallonie, le Forem organise des formations pour les menuisiers. À Bruxelles, les demandeurs d'emploi peuvent notamment s'adresser à Bruxelles Formation et aux partenaires régionaux spécialisés dans les formations à la construction. Les parcours et les conditions varient selon la région.
Pour les entreprises, collaborer avec les écoles et les centres de formation permet de familiariser les futurs collaborateurs avec la pratique dès le début de leur parcours. Une visite dans un atelier moderne, une démonstration d'usinage CNC ou un stage sur un chantier de pose montre concrètement comment technique et artisanat vont de pair aujourd'hui.
L'accompagnement des nouveaux collaborateurs est également essentiel. Un débutant a besoin de temps pour apprendre à utiliser les machines, à interpréter correctement les plans et à comprendre les normes de qualité de l'entreprise. Des collègues expérimentés qui transmettent leur savoir-faire contribuent à éviter les erreurs et accélèrent l'acquisition d'une véritable autonomie professionnelle.
Pour attirer de nouveaux collaborateurs, il faut commencer par leur présenter le métier de manière réaliste. Aujourd'hui, la menuiserie ne se résume plus à scier du bois et à assembler des pièces. Elle allie connaissance des matériaux, compétences techniques, maîtrise des outils numériques et précision d'exécution.
Investir dans les compétences et la rentabilité
La mécanisation et la digitalisation nécessitent des investissements dans les machines, les logiciels, la maintenance et la formation. Elles peuvent augmenter la capacité de production, mais ne génèrent pas automatiquement davantage de bénéfices. Le rendement dépend du volume de travail disponible, du taux d'utilisation des équipements, de la préparation de la production et de la capacité à limiter les erreurs et les temps d'arrêt.
Une installation CNC, par exemple, est particulièrement intéressante lorsque la production est suffisamment répétitive et que la préparation numérique du travail est bien organisée. Pour les réalisations sur mesure, la flexibilité, la connaissance des matériaux et l'interprétation correcte de la commande restent essentielles. Lors de la pose également, des outils spécialisés peuvent faire gagner du temps, mais seulement si le chantier est suffisamment préparé et si l'équipe dispose des informations adéquates.
Les conditions de travail jouent aussi un rôle déterminant dans la fidélisation des collaborateurs. Un atelier bien organisé, des machines sûres, des équipements ergonomiques et des plannings réalistes rendent le travail plus attrayant. Une rémunération correcte et des possibilités d'évolution vers des postes de spécialiste CNC, de préparateur de travaux ou de chef d'équipe renforcent ces perspectives.
Savoir-faire et technologie, deux maillons complémentaires
La pénurie de menuisiers nécessite une combinaison de mesures. Les entreprises doivent attirer de nouveaux collaborateurs, investir dans des formations axées sur la pratique et mieux coordonner leurs processus de production et de pose. Les machines et les outils numériques peuvent jouer un rôle important, mais ils ne suppriment pas le besoin de connaissances techniques et d'expérience.
L'avenir de la menuiserie ne réside pas dans le choix entre artisanat et automatisation, mais dans leur complémentarité. Une machine à commande numérique peut produire des pièces avec précision, mais quelqu'un doit comprendre le projet, contrôler la qualité et veiller à ce que tout soit correctement monté sur le chantier.
Pour attirer et fidéliser suffisamment de professionnels, il ne suffit donc pas de montrer à quel point le secteur s'est modernisé. Il faut également mettre davantage en avant les possibilités de développement technique, de prise de responsabilités et d'évolution professionnelle. La menuiserie pourra ainsi devenir non seulement un métier d'avenir, mais aussi un secteur où savoir-faire et technologie constituent deux maillons tout aussi indispensables.